L'Egypte et le Soudan, en étroite coordination, ont localisé ces 19 otages et leurs ravisseurs armés, à la nationalité inconnue, qui les retiennent dans une région désertique, a annoncé à Khartoum un responsable soudanais.
"Ils se trouvent maintenant dans un no man's land à la frontière entre l'Egypte, le Soudan et la Libye, dans la région du Gebel Ouenat", a déclaré le sous-secrétaire soudanais des Affaires étrangères, Boutref Sadiq.
Il a affirmé que les autorités égyptiennes et soudanaises étaient opposées à une "opération risquant de mettre en danger ces otages", capturés vendredi alors qu'ils effectuaient une expédition touristique à bord de 4x4.
Le ministre égyptien du Tourisme, Zoheir Garrana, en première ligne sur cette affaire, a affirmé que les otages étaient "en très bonne santé", et que leurs ravisseurs "des bandits", n'avaient pas menacé d'attenter à leur vie.
"Nous avons une information très fiable" selon laquelle "tout le monde va bien. Ils sont en très bonne santé et disposent d'assez d'eau et de nourriture. Ils n'ont pas été maltraités" a dit le ministre à l'AFP.
Il a précisé que ces nouvelles remontaient à mardi matin, via le contact téléphonique établi entre l'organisateur du safari qui figure parmi les otages, et son épouse d'origine allemande, Kirsten Butterweck-Abdel Rahim.
Le groupe comprend 11 touristes --cinq Italiens, cinq Allemands et une Roumaine-- ainsi que huit accompagnateurs égyptiens: deux guides, quatre chauffeurs, un garde-frontière et le patron de l'agence Aegyptus Intertravel, Ibrahim Abdel Rahim.
M. Garrana a souligné que le gouvernement et les autorités égyptiennes intensifiaient leurs efforts pour libérer le groupe, qualifiant "d'incident malheureux" cette prise d'otages.
Se faisant démentir au Caire, le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit avait annoncé la veille de New York, en marge de l'Assemblée nationale de l'ONU, la libération de tous les otages.
M. Garrana a précisé que les autorités égyptiennes "n'avaient reçu aucune menace" à l'encontre des otages de la part des ravisseurs, démentant une rumeur reprise dans les médias allant dans ce sens.
S'agissant d'une demande de rançon, le ministre a qualifié "d'incorrects", les chiffres de "6, 8 et 15 millions de dollars" circulant dans les médias.
Pour sa part, l'ambassadeur de Roumanie, Gheorghe Dumitru, a déclaré à l'AFP que la situation était "inchangée", et que son pays n'avait ouvert "aucune négociation" avec les ravisseurs.
L'enlèvement est survenu à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Soudan, à Karkh Talh, aux confins arides du sud-ouest de l'Egypte, à 1000 km du Caire, et tout près également de la Libye.
Il s'agit d'une immense vallée de dunes et de grottes préhistoriques en bordure des monts du Gilf el-Kebir --la grand barrière en arabe--, plus au nord, et du Gebel Ouenat qui est à cheval sur les trois frontières.
La région est accessible du Soudan mais aussi de la Libye par des pistes de contrebande, et distante de 200 km du nord du Darfour où des rebelles affrontent le pouvoir central de Khartoum depuis 2003.
Ces groupes rebelles ont nié toute implication dans l'enlèvement.
M. Garrana a encore indiqué n'avoir pas interdit le tourisme dans la région aride où le groupe a été enlevé.
"J'aurais émis immédiatement un décret pour interdire de se rendre dans cette zone, si j'avais eu le sentiment que l'Egypte n'était pas un pays sûr. Or l'Egypte est un pays sûr", a-t-il dit.
L'Egypte est une des principales destinations touristiques du monde, avec une dizaine de millions de visiteurs par an. La région de la prise d'otages est très difficile d'accès et peu fréquentée, avec un millier de visiteurs par an.
Afp