Auteur : A Foulah Diallo

Moussa Dadis Camara

Avez-vous déjà pensé à choisir un premier ministre ?

Concernant le choix d'un premier ministre, j'ai quelques éléments, mais je me réserve parce que je ne déciderai pas seul. Certes je ferai des propositions, mais il y a aussi le vice-président, et l'ensemble du Conseil. Pour le moment, je me réserve.

Ferez-vous appel aux partis politiques de l'opposition, à la société civile ou aux syndicats ?

C'est ce qui est fondamental. Il ne faut pas mythifier le pouvoir, il faut faire ce que le peuple demande. C'est ce qui trompe les dirigeants politiques en Afrique. Ils n'ont pas le courage de démissionner de leur poste. Moi je suis un patriote et je vous le dis : je ne suis pas venu au pouvoir par hasard.

C'est-à-dire ?

C'est par rapport à beaucoup de qualités. Je suis un patriote.

Comment jugez-vous les déclarations du président de l'Assemblée Nationale et du Premier Ministre ?

Je crois que ce sont des déclarations sans fondement. Cela ne me préoccupe pas. Il y a une chose que les hommes politiques ne doivent pas oublier : lorsque vous êtes lâchés, abandonnés par les citoyens, il faut être clair et démissionner, faute de quoi on passe pour un homme indigne. C'est ça le problème.

Que sont devenus les membres de l'ancienne équipe gouvernementale ?

Il y a une commission qui s'occupe de ça. Il n'y a pas d'animosité. Ce sont des citoyens, des Guinéens, c'est pour assurer leur sécurité.

Certains auraient été arrêtés...

Jusqu'à maintenant, je ne sais pas si effectivement un seul membre du gouvernement a été arrêté.

Vous parlez de leur sécurité? Que s'est-il passé ?

Vous savez, quand il y a un changement, il peut se passer beaucoup de choses, des mouvements incontrôlés que personne ne peut maîtriser. C'est la raison fondamentale.

Monsieur le président, tous les membres du gouvernement ont-ils été arrêtés aujourd'hui ? Le premier ministre, le président de l'assemblée, les autres membres du gouvernement?

A ce jour, non. Les hommes sont allés les voir, mais personne n'est chez lui.

Vous avez annoncé des élections à venir. Serez-vous candidat à ces élections, ou est-ce que comme le président Amadou Toumani Touré, vous pouvez d'ores et déjà vous engager à ne pas être candidat ?

Vous savez, l'homme ne doit pas se trahir. Il faut être honnête. Je crois que je n'ai pas droit à l'erreur. L'erreur, c'est quoi ? C'est lorsque tu crois à un certain moment donné, que tu peux être ce que tu ne peux pas, parce que les moments changent. J'ai été clair dans ma déclaration. Je n'ai pas l'ambition, mon équipe et moi, à commencer par moi, d'être candidat à l'élection. Non. D'abord, je vous dirai que l'ambition du pouvoir ne m'a jamais animé.

Vous n'êtes pas du tout intéressé par la prochaine élection présidentielle?


Mon souci, c'est de crédibiliser le peuple de Guinée. Je ne suis pas intéressé.