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Le Soudan demande la médiation de la France (interview du conseiller d'Elbéchir)

"La France est le seul pays capable de résoudre nos différends avec le Tchad et d'empêcher Idriss Déby de soutenir les rebelles du Darfour", a ainsi déclaré au journal AlSharkh-al-awsat Dr. Mustapha Osmane Ismaïl conseiller du président soudanais Oumar hassan Elbéchir. Selon lui, la solution de la crise opposant les deux pays doit passer par le déploiement d'une force tout au long de la frontière commune, avec pour mission de surveiller les frontières et d'empêcher les ingérences dans les affaires internes.
Lors de son passage à Paris, le ministre soudanais des affaires étrangères a sollicité la médiation de la France pour résoudre le conflit tchado-soudanais.


Le Conseiller du président Elbéchir
Le Conseiller du président Elbéchir

Dr. Mustapha Osmane Ismaïl conseiller du président soudanais Oumar Hassan Elbéchir (Interview au  journal AlSharkh-al-awsat)


Traduction réalisée par Ahmat Yacoub Dabio pour le compte de Liberté Sans Frontières

Question : Lors  de son passage à Paris, le ministre soudanais des affaires étrangères a officiellement sollicité la médiation de la France dans le conflit qui vous oppose au Tchad. Croyez vous à la neutralité de la France ?


Dr. Moustapha Osman Ismaïl : Nous savons que les relations entre le Tchad et la France sont très étroites. Entre les deux pays, il existe un accord de défense. Puis la France défend et protège le régime tchadien en lui apportant un soutien politique, logistique ; en lui fournissant des renseignements. En plus, la France constitue la colonne vertébrale des forces européennes de l'Eufor stationnées dans l'Est du Tchad. Voilà pourquoi nous avons demandé à la France d'intervenir afin de convaincre le régime tchadien de cesser tout soutien aux  rebelles du Darfour. C'est l'occasion aussi de faire comprendre à la France que ce qui se passe au Tchad est un conflit interne entre opposants armés et pouvoir en place et le Soudan n'est pas une partie prenante. Nous tenons à rappeler que le Soudan accueille un million et demi de réfugiés tchadiens auxquels nous avons accordé la libre circulation, la possibilité d'étudier et de travailler. Le gouvernement tchadien s'intéresse à ces réfugiés tchadiens que s'il ya des élections présidentielles. S'appuyant sur cette masse populaire tchadienne, le gouvernement achemine au Soudan -pendant les élections- des caisses remplies de bulletins. Pour être clair, le président tchadien Idriss Déby a été élu dernièrement grâce à cette masse populaire résidente au Soudan. C'est pourquoi, la France doit comprendre que la crise tchadienne est interne et la cause provient du régime qui n'a jamais respecté les différents  accord de paix signés ici et là avec l'opposition politico-militaire. Tous les accords qu'ils soient à Khartoum, à Tripoli ou ailleurs n'ont pas été respectés par le régime du président tchadien. Si la France est intéressée par la stabilité au Tchad, qu'elle aide l'opposition et le régime tchadien à faire la paix. Je voudrai vous confirmer que le soudan n'a pas une stratégie visant à changer le régime tchadien. Nous sommes prêts à cohabiter avec ce régime à condition qu'il change de comportement et de politique, à condition qu'il arrête de soutenir les rebelles du Darfour.

Question : Vous accusez le Tchad de soutenir les rebelles du Darfour alors que le Tchad à son tour vous accuse de former et d'armer les rebelles tchadiens. Comment peut on sortir de cycle infernal ?


Dr. Moustapha Osman Ismaïl : Les forces rebelles qui ont attaqué la capitale Omdurman ont été formées et armées au Tchad. Elles nous sont arrivées de la frontière commune avec le Tchad. Les documents en notre possession, les aveux des prisonniers et leurs jugements constituent des preuves convaincantes. Admettons que le Soudan rejette l'accusation de soutenir les rebelles tchadiens, sachant que le soutien arrive des frontières communes, la seule solution est de surveiller ces frontières afin d'empêcher les deux pays d'apporter un soutien à tel ou tel rebelle. D'où le déploiement d'une force à la frontière commune.

Par www.dabo.net


Samedi 21 Juin 2008 - 19:04
Ahmat Yacoub-Dabio
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