Le mystère persiste autour du garçon trouvé à Marseille
Le magistrat a confirmé la mise en examen de la femme pour "substitution volontaire, simulation et dissimulation d'enfant, aide au séjour irrégulier et faux en écriture publique."
Le magistrat a confirmé la mise en examen de la femme pour "substitution volontaire, simulation et dissimulation d'enfant, aide au séjour irrégulier et faux en écriture publique."
Il a précisé qu'il n'existait pas de procédure d'adoption reconnue en Algérie.
MARSEILLE (Reuters) - Les investigations se poursuivent pour déterminer l'identité de Mohamed, un enfant de deux ans et demi trouvé début août errant dans une cité de Marseille, dont une femme de 34 ans s'est à tort prétendue être la mère.
"On n'a aucune assurance sur l'état civil de l'enfant. Pour l'instant, il n'est pas juridiquement le fils de cette dame au regard de la loi française", a affirmé le procureur de Marseille, Jacques Dallest, lors d'une conférence de presse. Le magistrat a confirmé la mise en examen de la femme pour "substitution volontaire, simulation et dissimulation d'enfant, aide au séjour irrégulier et faux en écriture publique." Il a précisé qu'il n'existait pas de procédure d'adoption reconnue en Algérie. Fatma, dont un test ADN a démontré qu'elle n'était pas la mère biologique de Mohamed, a affirmé aux enquêteurs avoir adopté l'enfant à la demande de la vraie mère, une "fille-mère en grand désarroi" selon elle. Le juge d'instruction a délivré une commission rogatoire internationale pour permettre des investigations plus poussées en Algérie. Âgée de 34 ans, sans profession, de nationalité algérienne en situation régulière en France, Fatma est mère de quatre enfants mineurs nés de deux pères différents. Des tests ADN, dont les résultats devraient être connus la semaine prochaine, ont été pratiqués pour déterminer si les quatre autres enfants sont réellement les siens. "Son parcours est cahotique. Elle est démunie de ressources et vit des allocations familiales, du RMI et de l'allocation de parent isolé", a dit Jacques Dallest. Plusieurs personnes de son entourage ont été entendues sur "fond de mariage de complaisance, de travail au noir et de séjour irrégulier." Placée en garde à vue le 19 août, la femme avait expliqué aux policiers qu'elle était partie le 9 juillet en Algérie au chevet de sa mère malade, mais qu'elle n'avait pu prendre son petit dernier, né en Algérie, pour une question de passeport. Avant de quitter la France, elle aurait confié son enfant de deux ans et demi à une nounou, mais le garçon aurait échappé à la surveillance de cette dernière. Le séjour irrégulier serait "la raison profonde" pour laquelle la nounou aurait "paniqué à l'idée d'aller se signaler aux services de police comme étant la gardienne provisoire de l'enfant", a dit le procureur. "On recherche activement la nounou, mais la femme nous a donné peu d'éléments pour la retrouver", a encore ajouté le magistrat. Le petit garçon a été retrouvé le 5 août errant sur une esplanade de la cité Fonscolombes, dans le 3e arrondissement de Marseille. Jean-François Rosnoblet