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Les américains sont-ils prêts à élire leur premier président noir ?

Le rascime pourrait couter cher au candidat démocrate Barack Obama. Les américains sont-ils prêt à élire leur premier président noir et à entrer dans l'histoire ? Barack Obama est en tête dans les sondage avec 52 % des voix contre 41 % pour M. McCain. La course a la maison blanche s'annonce de plus en plus serrée.


Les américains sont-ils prêts à élire leur premier président noir ?

Le rascime pourrait couter cher au candidat démocrate  Barack Obama. Les américains sont-ils prêt à élire leur premier président noir et à entrer dans l'histoire ? Barack Obama est en tête dans les sondage avec 52 % des voix contre 41 % pour M. McCain , selon le dernier sondage publié jeudi 9 octobre par l'institut Gallup. La course a la maison blanche s'annonce de plus en plus serrée.


Barack Obama pourrait être victime de ce que les observateurs américains appellent "l'effet Bradley", selon une étude publiée mi-septembre par Associated Press et l'université Stanford. Tom Bradley, un Africain-Américain, maire de Los Angeles, fut ainsi le candidat malheureux au poste de gouverneur de Californie en 1982, alors que toutes les études d'opinion et la presse le donnaient largement gagnant. La raison : certains Américains blancs n'avoueront jamais à un sondeur qu'ils ne veulent pas d'un Noir à la présidence. Mais, seuls dans l'isoloir, ils expriment leur conviction intime.

Comme l'explique à l'AFP Gary Weaver, professeur à l'American University de Washington, "très peu d'Américains admettent qu'ils sont racistes, si ce n'est quelques milliers de néonazis, ou de membres du Ku Klux Klan, qui ne sont plus que mille à deux mille dans le Sud. L'Américain moyen ne l'avouera jamais". Nicholas Kristof renchérit dans le New York Times : "Il est indéniable que Barack Obama est victime de ce que les érudits surnomment 'un racisme sans racistes'."

Même si John McCain a lui aussi des obstacles à surmonter – son âge et le difficile héritage de George Bush –, un racisme profond et larvé pourrait coûter la victoire à Barack Obama. Selon l'étude de l'université Stanford, 40 % des Américains blancs sont d'accord avec au moins un adjectif négatif (violent, paresseux, râleur, irresponsable, fanfaron...) pour qualifier les Noirs. Plus grave pour le sénateur de l'Illinois, plus d'un tiers des démocrates et des indépendants sont également d'accord avec au moins un qualificatif péjoratif. Autant d'électeurs dont Barack Obama a cruellement besoin pour être élu. 

"LA SEULE COULEUR IMPORTANTE, C'EST LE VERT"
Le Time, lui, apparaît plus mesuré, dans son édition du 8 octobre, avec un article intitulé "The Limits of Race". David Von Drehle y raconte son périple à travers le Missouri, un des Etats-clés pour l'Election Day, à la rencontre des travailleurs blancs. Le journaliste prend la température d'un Etat, traditionnellement républicain, mais où Obama a marqué des points ces derniers temps. Plus que la couleur de peau du sénateur de l'Illinois, c'est la mauvaise santé de l'économie qui semble préoccuper les habitants du Missouri. "C'est celui qui est le plus à même de résoudre la crise", explique Maureen O'Hare, une habitante de Sedalia.

L'auteur revient sur le sondage de l'université Stanford : "La question de la race revient très souvent dans les sondages . Mais en rencontrant des électeurs, il m'est apparu que la campagne d'Obama n'est pas le simple référendum racial que certains commentateurs y voient. J'ai entendu plein de raisons pour lesquelles des votants pourraient refuser de le soutenir, mais j'ai rarement entendu la race." Et David Von Drehle de conclure : "La morale de l'histoire serait que le blanc et le noir commencent à s'effacer quand la seule couleur importante est le vert, le vert des billets après lesquels courent les gens."

TEXTE : Le Monde




Comme l'explique à l'AFP Gary Weaver, professeur à l'American University de Washington, "très peu d'Américains admettent qu'ils sont racistes, si ce n'est quelques milliers de néonazis, ou de membres du Ku Klux Klan, qui ne sont plus que mille à deux mille dans le Sud. L'Américain moyen ne l'avouera jamais". Nicholas Kristof renchérit dans le New York Times : "Il est indéniable que Barack Obama est victime de ce que les érudits surnomment 'un racisme sans racistes'."

Même si John McCain a lui aussi des obstacles à surmonter – son âge et le difficile héritage de George Bush –, un racisme profond et larvé pourrait coûter la victoire à Barack Obama. Selon l'étude de l'université Stanford, 40 % des Américains blancs sont d'accord avec au moins un adjectif négatif (violent, paresseux, râleur, irresponsable, fanfaron...) pour qualifier les Noirs. Plus grave pour le sénateur de l'Illinois, plus d'un tiers des démocrates et des indépendants sont également d'accord avec au moins un qualificatif péjoratif. Autant d'électeurs dont Barack Obama a cruellement besoin pour être élu. 

"LA SEULE COULEUR IMPORTANTE, C'EST LE VERT"
Le Time, lui, apparaît plus mesuré, dans son édition du 8 octobre, avec un article intitulé "The Limits of Race". David Von Drehle y raconte son périple à travers le Missouri, un des Etats-clés pour l'Election Day, à la rencontre des travailleurs blancs. Le journaliste prend la température d'un Etat, traditionnellement républicain, mais où Obama a marqué des points ces derniers temps. Plus que la couleur de peau du sénateur de l'Illinois, c'est la mauvaise santé de l'économie qui semble préoccuper les habitants du Missouri. "C'est celui qui est le plus à même de résoudre la crise", explique Maureen O'Hare, une habitante de Sedalia.

L'auteur revient sur le sondage de l'université Stanford : "La question de la race revient très souvent dans les sondages . Mais en rencontrant des électeurs, il m'est apparu que la campagne d'Obama n'est pas le simple référendum racial que certains commentateurs y voient. J'ai entendu plein de raisons pour lesquelles des votants pourraient refuser de le soutenir, mais j'ai rarement entendu la race." Et David Von Drehle de conclure : "La morale de l'histoire serait que le blanc et le noir commencent à s'effacer quand la seule couleur importante est le vert, le vert des billets après lesquels courent les gens."

TEXTE : Le Monde


Comme l'explique à l'AFP Gary Weaver, professeur à l'American University de Washington, "très peu d'Américains admettent qu'ils sont racistes, si ce n'est quelques milliers de néonazis, ou de membres du Ku Klux Klan, qui ne sont plus que mille à deux mille dans le Sud. L'Américain moyen ne l'avouera jamais". Nicholas Kristof renchérit dans le New York Times : "Il est indéniable que Barack Obama est victime de ce que les érudits surnomment 'un racisme sans racistes'."

Même si John McCain a lui aussi des obstacles à surmonter – son âge et le difficile héritage de George Bush –, un racisme profond et larvé pourrait coûter la victoire à Barack Obama. Selon l'étude de l'université Stanford, 40 % des Américains blancs sont d'accord avec au moins un adjectif négatif (violent, paresseux, râleur, irresponsable, fanfaron...) pour qualifier les Noirs. Plus grave pour le sénateur de l'Illinois, plus d'un tiers des démocrates et des indépendants sont également d'accord avec au moins un qualificatif péjoratif. Autant d'électeurs dont Barack Obama a cruellement besoin pour être élu. 

"LA SEULE COULEUR IMPORTANTE, C'EST LE VERT"
Le Time, lui, apparaît plus mesuré, dans son édition du 8 octobre, avec un article intitulé "The Limits of Race". David Von Drehle y raconte son périple à travers le Missouri, un des Etats-clés pour l'Election Day, à la rencontre des travailleurs blancs. Le journaliste prend la température d'un Etat, traditionnellement républicain, mais où Obama a marqué des points ces derniers temps. Plus que la couleur de peau du sénateur de l'Illinois, c'est la mauvaise santé de l'économie qui semble préoccuper les habitants du Missouri. "C'est celui qui est le plus à même de résoudre la crise", explique Maureen O'Hare, une habitante de Sedalia.

L'auteur revient sur le sondage de l'université Stanford : "La question de la race revient très souvent dans les sondages . Mais en rencontrant des électeurs, il m'est apparu que la campagne d'Obama n'est pas le simple référendum racial que certains commentateurs y voient. J'ai entendu plein de raisons pour lesquelles des votants pourraient refuser de le soutenir, mais j'ai rarement entendu la race." Et David Von Drehle de conclure : "La morale de l'histoire serait que le blanc et le noir commencent à s'effacer quand la seule couleur importante est le vert, le vert des billets après lesquels courent les gens."

Le Monde



Samedi 11 Octobre 2008 - 00:22
Djamil Ahmat
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