Mauritanie: Elimination du racisme et de la discrimination raciale

Réaction à la déclaration aux Nations Unies, en date du 04 08 2008 de M. ABDERRAHIM OULD HADRAMI à la troisième commission : élimination du racisme et de la discrimination raciale (en cours).


Mauritanie: Elimination du racisme et de la  discrimination raciale

M. ABDERRAHIM OULD HADRAMI (Mauritanie) a dit que les idéaux des droits de l’homme devraient être mis en œuvre par le biais de mécanismes adéquats, et a signalé qu’en acceptant un bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme sur son territoire, la Mauritanie s’était engagée à garantir pleinement ces droits pour tous, sans discrimination.

Il a, par ailleurs, précisé que la Mauritanie avait ratifié un grand nombre d’instruments internationaux liés aux droits de l’homme, et qu’elle avait forgé elle-même des instruments nationaux permettant d’encadrer la garantie des droits de l’homme.

Les croyances religieuses ne doivent pas servir de prétexte à des actes discriminatoires, a encore déclaré le représentant. Selon lui, la publication des caricatures du prophète Mahomet ont nui à l’islam et ce genre d’action devrait être interdite.

Le 04/11/08                                                                           Source : Nations Unies




L’acceptation d’un bureau du Haut Commissariat aux droits de l’Homme sur son territoire par la Mauritanie, ne signifie guère une volonté politique de venir à bout de l’esclavage et du racisme et ne témoigne point de la sincérité des autorités mauritaniennes à l’égard de la communauté internationale.

Rappelons que la Mauritanie a signé et ratifié, au moins, une dizaine de conventions internationales relatives à l’esclavage et au racisme.

A propos de l’esclavage, le pays a signé et ratifié  la convention de  1926 et celle de 1956. Ces deux conventions engagent la Mauritanie à abolir l’esclavage d’une manière effective. Or, la loi de septembre 2007 n’a libéré que quarante trois (43) esclaves, de septembre 2007 à août 2008. Les témoignages sont nombreux sur l’existence, aujourd’hui encore, de l’esclavage en Mauritanie. Cet esclavage touche, d’une manière directe ou indirecte, plus de 50% de la population mauritanienne

S’agissant du racisme, la Mauritanie a signé et ratifié la convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid du 30 novembre 1973, entrée en vigueur le 18 07 1976. Elle a aussi signé et ratifié la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples du 28 06 1981 ainsi que la Déclaration Universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 qui affirme, dans son article 1,  que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.»

Malgré tout cela, on sait que le racisme et l’esclavage ont continué sous les régimes de  Ould Daddah (1957-1978), Ould Moustapha (1978-1979), Ould Louly (1979-1981) Ould Haïdallah (1981-1984), Ould Taya (1984-2005), Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007), Sidi Ould Cheikh Abdallahi (2007-2008) et depuis le 06 août 2008 sous le règne du général Ould Abdel Aziz.

            La signature et la ratification des conventions et les autres engagements auprès de la communauté internationale n’ont d’autres buts que de duper l’opinion publique mondiale sur la nature réelle du système politique en Mauritanie.

L’acceptation de l’installation d’un bureau du Haut Commissariat aux  droits de  l’Homme entre dans le cadre de la même stratégie. Au moment où la Mauritanie vient de vivre un coup d’Etat militaire décrié par la communauté internationale, les putschistes veulent, par différents moyens, séduire les instances internationales. M. ABDERRAHIM OULD HADRAMI ne fait que relayer les manœuvres dilatoires des putschistes du 06 août 2008.

Ces comportements des autorités mauritaniennes ont fait dire au professeur Christian Delacampagne, dans son ouvrage intitulé « Histoire de l’esclavage de l’Antiquité à nos jours » aux Editions Librairie générale française 2002, Editions  Poche, que la Mauritanie est un Etat truand parce qu’il signe et ratifie des conventions sans les appliquer.

Selon lui, « … la survie de l’esclavage, apparaît liée à celle d’un Islam particulièrement traditionnel, modelé sur une interprétation littérale du Coran. C’est ce même  facteur, aggravé par le racisme antinoir et par la complicité du rogue states (Etats-truands) peu soucieux de respecter les règles du jeu international, qui explique la persistance, jusqu’à nos jours, de l’esclavage en Mauritanie et au Soudan. » P. 273

L’Islam a institutionnalisé l’esclavage. Il reconnaît aux maîtres des droits et des devoirs sur leurs esclaves tout en les exhortant à les libérer. Cette sacralisation de l’esclavage, vue sous un certain angle, participe à sa perpétuation dans un pays qui se définit comme une République Islamique. La Féodalité instrumentalise la religion. Elle exclut les autres  groupes du savoir, ce qui lui permet d’interpréter, plus facilement, les textes sacrés en sa faveur. Elle introduit la tradition dans la religion pour manipuler les couches qu’elle domine. L’ignorance haratine et des tributaires,       d’une manière générale, conduit ceux-ci à accepter l’interprétation donnée par la Féodalité religieuse.

Les dirigeants politiques sont issus de la Féodalité maure. Celle-ci constitue leur clientèle  politique. Ainsi, la gestion de l’Etat est faite dans l’intérêt de la Féodalité. L’utilisation de l’Islam comme source de droit constitutionnel, en Mauritanie, favorise la mainmise des Maures sur l’Etat et assoit la domination de la Féodalité  maure. En excluant les Haratine, les Castés et les Tributaires du pouvoir politique, les autorités assurent la pérennité du pouvoir au profit de la minorité dominante maure. Il aurait pu en être autrement.

L’Etat avait l’opportunité d’utiliser l’Islam comme un instrument de libération des esclaves en s’appuyant sur les recommandations relatives à l’affranchissement contenues dans le Coran. Le fait que les recommandations ne soient pas obligatoires ne diminue en rien leurs valeurs religieuses. Les autorités mauritaniennes, les Religieux n’ont pas mis en avant cette solution qui cadre avec la modernité et se trouve être en harmonie avec les conventions internationales signées et ratifiées par la Mauritanie. Au contraire,  l’islam  est instrumentalisé pour exclure.

Selon M. ABDERRAHIM OULD HADRAMI, « les croyances religieuses ne doivent pas servir de prétexte à des actes discriminatoires."» Or en Mauritanie, l’Islam, la politique sont au service d’une classe dominante qui exclut une frange importante de la population, à savoir les Haratine. Ce groupe d’origine négro-africaine est, pourtant, victime dans son propre pays de l’esclavage et du racisme. Le racisme et l’esclavage sont deux formes criantes d’exclusion et de discrimination.

Le fait que M. ABDERRAHIM OULD HADRAMI, esclavagiste, parle au nom de la Mauritanie aux Nations Unis est assez révélateur. Ce personnage a été déclaré persona non grata au Canada, en 2002, pour fait d’esclavage. Il avait comme esclave une petite fille de douze (12) ans dont la situation a été découverte par le Directeur de l’école de ses enfants. Voir l’article sur www. Haratine.com,  rubrique témoignage n°3 : La diplomatie mauritanienne et l'esclavage.

 Le 24/11/2008

                                       Mohamed Yahya Ould Ciré, Docteur en Science politique                                                                                                              Président de l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe (AHME)

Email : ahme@haratine.com

Site www.haratine.com



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Jeudi 27 Novembre 2008 - 00:02
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