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Saad Hariri accuse la Syrie d''exporter le terrorisme' au Liban

BEYROUTH - Le chef de la majorité parlementaire antisyrienne au Liban, Saad Hariri, a accusé Damas d'"exporter le terrorisme" au Liban à la suite de déclarations du président syrien Bachar al-Assad sur les violences à Tripoli (nord).


BEYROUTH - Le chef de la majorité parlementaire antisyrienne au Liban, Saad Hariri, a accusé Damas d'"exporter le terrorisme" au Liban à la suite de déclarations du président syrien Bachar al-Assad sur les violences à Tripoli (nord).

"Ceux qui exportent le terrorisme vers le nord du Liban n'ont pas le droit d'exprimer des craintes sur le développement de l'extrémisme au Liban", a déclaré M. Hariri lors d'un repas de rupture du ramadan vendredi soir, selon un communiqué reçu par l'AFP samedi.

"Ils (les Syriens) veulent utiliser la situation à Tripoli comme prétexte pour s'ingérer à nouveau dans le dossier libanais et en faire la porte d'entrée pour leur retour militaire et sécuritaire" au Liban, a averti le chef du Courant du Futur (sunnite), principal bloc de la majorité.

Lors du sommet quadripartite (Syrie, France, Qatar, Turquie) jeudi à Damas, M. Assad a exprimé son "inquiétude" devant les récentes violences confessionnelles à Tripoli et affirmé avoir dit à son homologue libanais Michel Sleimane d'"envoyer d'urgence davantage de troupes au nord".

La présidence libanaise n'a toujours pas commenté ces propos mais la majorité a dénoncé des "ingérences flagrantes" de la Syrie, dont les forces ont été contraintes de quitter en 2005 le sol libanais où elles étaient présentes depuis près de 30 ans.

"Les Libanais ont bonne mémoire et se rappellent très bien qui a envoyé le Fatah al-Islam dans le camp de Nahr al-Bared et au nord et qui a et continue à financer les activités terroristes dans d'autres régions", a ajouté M. Hariri.

Il faisait référence au groupuscule islamiste qui a affronté l'armée pendant trois mois en 2007 dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared (nord).

La Syrie est accusée par la majorité de déstabiliser le Liban en soutenant notamment le Fatah al-Islam et les mouvements alaouites qui ont affronté de mai à juillet derniers à Tripoli des partisans sunnites du camp de la majorité.

Pour le Premier ministre Fouad Siniora, allié de la majorité, "Tripoli n'est pas un foyer du terrorisme comme certains tentent de le faire croire. Les responsables de la ville rejettent le langage des armes et restent attachés à la coexistence et à l'Etat". "Les tentatives de déformer l'image de Tripoli sont une injustice", a-t-il dit cité par la presse.

"Nous craignons que le président syrien n'ordonne à son armée d'intervenir au Liban nord s'il réussit à convaincre ceux qui lui déblaient le terrain de lui confier la tutelle sur le Liban, sous prétexte de la lutte antiterroriste", a dit le vice-président du Parlement, Farid Makari.

Le député Antoine Andraos, du bloc du chef druze Walid Joumblatt, membre de la majorité, a accusé la France d'avoir "reconnu le rôle du dictateur et du criminel Bachar al-Assad, qui a multiplié meurtres et attentats au Liban".

©AFP

Samedi 06 Septembre 2008 - 10:55
Djamil Ahmat
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