Sénégal: un journaliste inculpé et écroué pour offense au chef de l'Etat

DAKAR - Le directeur de publication du quotidien privé sénégalais 24 Heures Chrono, El Malick Seck, a été inculpé mercredi notamment de "diffusion de fausses nouvelles", "offense au chef de l'Etat" et "injure publique", puis écroué à Dakar, a annoncé à l'AFP un de ses avocats.


DAKAR - Le directeur de publication du quotidien privé sénégalais 24 Heures Chrono, El Malick Seck, a été inculpé mercredi notamment de "diffusion de fausses nouvelles", "offense au chef de l'Etat" et "injure publique", puis écroué à Dakar, a annoncé à l'AFP un de ses avocats.

"Il sera jugé vendredi", a déclaré cet avocat, Me Demba Ciré Bathily.

El Malick Seck, qui était en garde à vue depuis le 28 août au soir, a été présenté mercredi après-midi au procureur de la République, qui l'a inculpé et placé sous mandat de dépôt, selon Me Bathily.

Au total, selon l'avocat, cinq chefs d'inculpation ont été retenus contre le journaliste: "acte de nature à troubler l'ordre public et à occasionner des troubles politiques graves, diffusion de fausses nouvelles, offense au chef de l'Etat, recel de documents administratifs et injure publique".

M. Seck a été conduit à la prison civile de Dakar, située à Reubeuss (près du centre-ville).

El Malick Seck avait été arrêté le 28 août, quelques heures après la parution d'un article, dans son journal, dans lequel il affirmait que le président sénégalais, Abdoulaye Wade, et son fils, Karim, étaient "mouillés" dans une affaire de blanchiment d'argent volé en Côte d'Ivoire.

Il avait été placé en garde à vue le 28 août au soir, et son journal avait été fermé le même jour par la police. Une première période de 96 heures ayant expiré lundi, sa garde à vue avait été prorogée pour une durée de 96 heures (soit 8 jours au total), qui devait prendre fin vendredi.

24 Heures Chrono demeurait toujours fermé mercredi. Son rédacteur en chef, Sambou Biagui, a été entendu lundi au sujet de l'article incriminé par la Division des investigations criminelles (DIC, police judiciaire), qui avait saisi le 28 août deux ordinateurs du quotidien et perquisitionné ses locaux lundi.

Selon une source judiciaire, les charges retenues contre El Malick Seck tombent notamment sous le coup d'infractions visées par les articles 80 et 255 du Code pénal du Sénégal. Ces infractions sont passibles d'amende pouvant atteindre jusqu'à 1,5 million de FCFA (2.280 euros) et d'emprisonnement pouvant atteindre cinq ans.

©AFP

Mercredi 03 Septembre 2008 - 20:36
Djamil Ahmat
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