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Tchad/rapport Ibni: l'opposition met en cause Deby et la France

LIBREVILLE - La Coordination des Partis pour la Défense de la Constitution (CPDC), dont le porte-parole Ibni Oumar Saleh est donné pour mort, a mis en cause jeudi le président tchadien Idriss Deby et la France dans les "kidnappings politiques" survenus lors de l'attaque rebelle de février.


Ibni Oumar Saleh
Ibni Oumar Saleh
LIBREVILLE - La Coordination des Partis pour la Défense de la Constitution (CPDC), dont le porte-parole Ibni Oumar Saleh est donné pour mort, a mis en cause jeudi le président tchadien Idriss Deby et la France dans les "kidnappings politiques" survenus lors de l'attaque rebelle de février.

"Ce sont les forces régulières, notamment la Garde présidentielle, qui ont procédé aux rapts des personnalités politiques (...) Aussi, le gouvernement tchadien et les plus hautes autorités militaires dont le chef suprême des armées (le président Deby), sont-ils responsables des actes commis par les troupes placées sous leur commandement", estime la CPDC s'appuyant sur le rapport de la commission d'enquête sur l'attaque rebelle rendu public mercredi, dans un communiqué parvenu à l'AFP à Libreville.

"Ils doivent par conséquent déterminer les circonstances de ces kidnappings politiques", ajoute le rapporteur de la CPDC Salibou Garba.

"La chaîne de commandement n'a jamais été rompue: le chef de l'Etat, entouré des adjoints au chef d'état-major et des autres hauts responsables politiques et militaires, a supervisé les évènements et la contre-offensive", ajoute-t-il.

"Les puissances qui encadrent à divers titres l'armée tchadienne ne sauraient occulter leurs responsabilités quand on considère leur profonde implication dans toutes les structures et à tous les niveaux", souligne M. Garba, sans citer nommément la France, qui a une base militaire à N'Djamena.

"Surtout que certaines (puissances) ont fourni armes et munitions ayant contribué à perpétrer les violations des droits de l'Homme, à grande échelle, telles que décrites dans le rapport", poursuit la CPDC, alors que la France a apporté un soutien décisif au président Deby lors de l'attaque rebelle en lui fournissant munitions et renseignements militaires.

"Elles doivent se décider à dire la vérité qu'elles ne peuvent pas ne pas connaître, sur la disparition forcée de cet éminent cadre et éminent démocrate", déclare M. Garba.

"Le président (français, Nicolas) Sarkozy qui a exprimé, à plusieurs reprises, sa détermination à faire la lumière sur le sort d'Ibni Oumar Mahamat Saleh devra tirer les conséquences de l'impasse de la commission qu'il a réclamée", conclut-il.

Outre Ibni Oumar Saleh, deux autres figures de l'opposition, l'ancien président Lol Mahamat Choua et le député fédéraliste Ngarlejy Yorongar avaient été appréhendés par les forces de sécurité tchadiennes peu après le départ des rebelles de N'Djamena. MM. Choua et Yorongar ont recouvré la liberté quelques semaines plus tard dans des conditions controversées.

La commission d'enquête avait vu le jour à la demande du président français lors de sa visite éclair à N'Djamena le 27 février.

Lors de l'attaque des 2 et 3 février, la rébellion tchadienne a été à deux doigts de renverser Idriss Deby, acculé dans son palais présidentiel.

©AFP

Jeudi 04 Septembre 2008 - 20:16
Djamil Ahmat
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